IL FAUT QUE TOUT CHANGE POUR QUE RIEN NE CHANGE

, par udfo34

« Il faut tout changer pour que rien ne change » semble être la devise du Président Macron. Ce que Macron entend par « rien ne change » c’est bien sûr ne rien changer dans l’ordre social. Les pauvres doivent rester pauvres et les riches, riches. Peu importe que le nombre de pauvres augmentent, les riches doivent accroître leur richesse. Pour cela on dépouille nos ainés en leur faisant payer une nouvelle taxe de 1.7% appelée CSG. On rançonne les fonctionnaires de la même taxe et en bloquant le point d’indice pour la 8ème année consécutive, avec une année d’interruption de la mesure pour raison d’élection. On dévalise les chômeurs en plafonnant les indemnités pour licenciement abusif. Demain la formation professionnelle, l’assurance chômage, les retraites, la sécurité sociale vont être à leur tour rançonnés. Le Président Macron et son Premier Ministre Philippe veulent tout changer mais les riches doivent rester riches. Bien sûr ils n’affichent pas que les pauvres doivent rester pauvres. Mais comment interpréter alors, la baisse de l’allocation logement ? Comment interpréter le fait que les bailleurs sociaux devront compenser la baisse de cette même allocation en baissant les loyers et en gardant les comptes à l’équilibre ? Bien sûr ceux qui ne sont pas bénéficiaires de l’APL, c’est-à-dire les moins pauvres, seront appauvris par une hausse des loyers. Comment pourrait-il en être autrement ? « Si nous voulons que tout reste tel que c’est, il faut que tout change. » Cette phrase tirée du roman IL GATTOPARDO (le Guépard) de Giuseppe Tomasi di Lampedusa. Ce roman retrace la vie d’un Prince Sicilien Don Fabrizio Salina au milieu du Risorgimento, c’est-à-dire de la Révolution Italienne. Tancredi, neveu du Prince, s’engage dans la Révolution aux côtés de Garibaldi et dit à son oncle cette phrase lorsque ce dernier s’interroge. Il semblerait que notre Président ait lu le livre ou vu le film de Visconti qui l’avait adapté au cinéma. A l’inverse « Il faut que rien ne change pour que tout change », cette cocotte-minute qui avait explosé en 1968. A l’évidence Emmanuel Macron n’en veut pas. Mais peut-être faut-il retenir une autre phrase du roman, celle du Prince Salina : « Nous fûmes des guépards, des lions, ceux qui nous remplacerons seront des chacals et des hyènes. » Ainsi va le monde, c’est peut-être à nous à ne pas entrer dans le tourbillon et agir pour que tout change. Au lendemain de la décision de la CE Confédérale, le Bureau de l’UD et ensuite la CA ont pris la décision de ne pas participer au 12 septembre au 21. Nous refusons d’entrer dans le tourbillon. Nous demandons le retrait des ordonnances, l’abrogation de la loi travail. Nous refusons de manifester pour un code du travail du XXI° siècle, contre une loi travail XXL, soyons précis et désignons clairement ce que nous voulons. Nous voulons une réponse globale qui n’épuise pas les ardeurs par des marches successives qui se solderont par une mise en œuvre des mesures de régression sociale. Nous soutenons nos camarades qui refusent les ordonnances et le nouveau code du travail, nous comprenons leur envie d’en découdre avec un Gouvernement réactionnaire. Cependant nous ne pensons pas que ce soit la bonne solution. Déjà, nous serons dans la rue le 28 septembre, avec les retraités FO, pour dire que nous n’acceptons pas la baisse de revenu programmée des retraités. Les retraités ne sont pas des nantis bien au contraire, les décotes et l’allongement de la durée de cotisation ont appauvris les retraités. Nous serons dans la rue le 10 octobre avec la fonction publique pour crier notre refus de voir 120000 postes de fonctionnaires supprimés, 240000 CAE supprimés, le blocage du point d’indice, la CSG qui ne sera pas récupérée en 2018, contrairement aux salariés du secteur privé. Nous serons dans la rue car il y a urgence à réagir. Pour ce qui est des ordonnances, de la réforme de la formation professionnelle, de l’assurance chômage, la loi de finance de la sécurité sociale, nous devons agir avec les autres OS mais sur des mots d’ordre clairs et en évitant les grèves saute-mouton. Pour cela soyons patients et faisons confiance à la Confédération Force Ouvrière et à Jean-Claude Mailly pour organiser la lutte.