Editorial du Secrétaire Général, Gilbert FOUILHE

, par udfo34

Le monde d’après a déjà commencé.

Le nouveau monde ressemble, pour ce qui est de la condition des salariés, à l’ancien monde.

Il est dur et peu social, il tourne sans cesse la tête vers le grand capital afin que ce dernier lui dicte la marche à suivre.

Vendredi dernier en toute confidentialité et sans que les médias en fasse état, l’Assemblée Nationale a pris une mesure assouplissant encore l’utilisation des contrats courts.

Désormais le temps de carence entre deux utilisations et la durée dépendront d’un accord d’entreprise et non d’un accord de branche.

Les ordonnances Macron avaient laissé ce verrou. L’accord de branche permet d’éviter qu’il y ait dans un secteur, la course au moins disant social.

Depuis vendredi, c’est fini.

Un amendement a été porté par un député LREM du nom de Maire, fils de l’ancien leader de la CFDT il souhaitait laisser l’accord de branche car il en percevait les dangers de laisser les accords d’entreprise décider. Ce fut sans résultat. La CFDT elle-même réagit, c’est dire la dangerosité du texte.

Cette introduction m’amène à penser que la lutte sur d’autres sujets autrement plus importants comme la Sécurité Sociale, l’hôpital, l’assurance chômage, les retraites, va être extrêmement dure, âpre.

Pour l’instant, le Ministre du Budget, Gérard Darmanin, se contente de noter que le déficit de la sécurité sociale sera de 41 milliards d’euros.

Le déficit est historique.

Un déficit alourdi par toutes les mesures prises pour financer le confinement : arrêt maladie pour garde d’enfant à la fois pour les salariés mais aussi pour les indépendants, par exemple les avocats, remboursement de la perte d’exploitation des professionnels de santé notamment des docteurs, suppression des cotisations employeurs dans de nombreux secteurs sans qu’il y ait compensation de l’État…. Nous pourrions continuer l’énumération de la « générosité » de l’État avec l’argent des salariés.

Nous constatons que cet État est généreux avec les entreprises car il les aide avec son propre budget et le budget de ce qui appartient aux salariés, c’est-à-dire la sécurité sociale ou l’assurance chômage.

Nous pourrions aussi parler des 11,2 millions de chômeurs en chômage partiel indemnisés sur les caisses de l’assurance chômage et sur les caisses complémentaires Agirc, Arco, sans qu’il y ait compensation de l’État.

Demain il est hors de question que ce déficit accumulé soit pris en compte par les salariés.

Les mesures prises l’ont été par l’État, c’est donc à l’État à payer intégralement les sommes engagées.

En aucun cas il ne revient aux salariés à payer la note sous forme d’augmentation de CSG, de franchise ou de déremboursement divers ou encore de diminution de droits pour les prestations chômage.

Il en est de même pour les retraites. La loi a été suspendue, elle doit être définitivement abandonnée.

Pour ce qui est de l’hôpital, le Président Macron dit avoir compris le message et une rencontre est déjà prévue avec les organisations syndicales.

Là encore, la loi de financement de la sécurité sociale qui prévoit 600 millions d’euros en moins pour les hôpitaux est encore d’actualité.

La tarification à l’activité qui étrangle les hôpitaux publics est encore en application. La loi hôpital santé territoire qui banalise les hôpitaux publics dans un cadre général public /privé, pousse les petites structures vers la sortie. Cette loi est toujours d’actualité.

Là encore la seule façon de résoudre l’équation est de mettre fin à l’austérité. Arrêter les suppressions de lits, de postes, le blocage du point d’indice et repartir à zéro c’est-à-dire avant la période de restriction budgétaire sans oublier de réaliser les rattrapages indiciaires.

Les choses sont simples, les données sont connues de tous mais la lutte sera dure. A nous de rester mobilisés.