Editorial du Secrétaire Général, Gilbert FOUILHE

, par udfo34

On ne peut accepter de risquer sa santé, sa vie, au travail – ce n’était pas le sens du slogan des Canuts, mais « Vivre en travaillant… » peut aussi se traduire en « ne pas mourir au travail au profit de l’économie » !

La reconnaissance de maladies professionnelles était constitutive de l’OIT et que la première convention internationale du travail portant sur la santé au travail, en 1925, avait classé à ce titre la fièvre charbonneuse, une infection de type zoonose, transmissible de l’animal à l’homme, à l’image du Covid19. Nous demandons aujourd’hui la même chose pour le COVID 19. La question de l’état urgence sanitaire nous préoccupe. La possibilité, pour le premier ministre, de décréter l’état d’urgence sanitaire a été introduite dans le code de la santé par la loi du 23 mars 2020. Il porte essentiellement sur les mesures de restriction de circulation, de rassemblement, de fermeture d’établissements, de réquisitions de biens, services et personnes, de contrôle des prix… Il prévoit aussi les domaines dans lesquels, dans les conditions de l’article 38 de la constitution, le gouvernement peut légiférer par ordonnance notamment en matière de droit du travail (nous vous avons systématiquement détaillé le contenu et les conséquences des diverses ordonnances ainsi prises et je viens d’évoquer celles concernant le temps de travail et les modalités de consultations des instances représentatives du personnel). Initialement prévu jusqu’au 24 mai, le gouvernement a présenté une loi, qui a été votée le 9 mai, pour le prolonger jusqu’au 10 juillet. Le régime d’exception que ne justifie pas l’urgence de la situation sanitaire. Les conditions de la sortie du confinement ne manquent pas d’interroger un peu plus à cet égard. Comment comprendre que les rassemblements publics de plus de dix personnes soient interdits, quand on réouvre les écoles avec la possibilité de réunir dans une classe 15 enfants avec leurs enseignants, ou encore quand, à l’évidence, même si pour les premiers jours l’affluence est restée contenue, plusieurs milliers de salariés se retrouvent dans les transports en commun dans des conditions rendant difficile le respect des gestes barrières ? Avec les transports, la question sensible de la reprise à compter du 11 mai était celle de l’école et des crèches collectives. Nous l’avions souligné, le premier ministre a été interpelé qui réunissait les syndicats et organisations patronales le 30 avril : comment comprendre, autrement que pour des raisons économiques, le choix de réouvrir en premier lieu les écoles maternelles et élémentaires n’est pas des plus judicieux voire incompréhensible. La question des chartes ou pactes portés en particulier la CFDT mais pas seulement puisque la CGT souhaitait une charte sur le télétravail. Elle avait soulevé ce point au cours des réunions hebdomadaires avec le Préfet. Nous ne le rappellerons jamais assez, nous sommes pour la pratique contractuelle assise sur la négociation collective productrice de droits. J’avais signé il y a de nombreuses années à Orange, un accord sur le télétravail que la CGT n’avait pas signé. Les questions que nous pourrions traiter sont nombreuses, sur l’hôpital public, le salaire de l’ensemble des fonctionnaires, la Sécurité Sociale et la prolongation de la CRDS de 2023 à 2033, la création éventuelle d’un risque supplémentaire. Nous en aurions l’occasion lors d’un prochain éditorial. Il faut laisser matière aux prochains numéros.