Editorial du Secrétaire Général, Gilbert FOUILHE

, par udfo34

« Rien n’est jamais acquis à l’homme ni sa force Ni sa faiblesse et quand il croit Ouvrir ses bras son ombre est celle d’une croix …. Quand il croit tenir son bonheur il le broie »

Voici des vers d’Aragon chantés par Brassens.

Rien n’est jamais acquis aux salariés surtout avec ce Gouvernement.

Des sommes folles ont été données aux entreprises et souvent sans contreparties. C’est le cas de Renault où les investissements ne sauveront même pas les emplois. Les usines délocalisées en Turquie en Slovaquie resteront les emplois seront supprimés en France.

Le déficit de la Sécurité Sociale de 42 milliards d’euros, provoqué par la prise en compte des congés pour garde d’enfants, la compensation de perte d’activité des professionnels de santé, la prise en compte des gardes d’enfants pour les indépendants, les exonérations de cotisations sociales et demain ce déficit sera encore aggravé, très certainement, par la revalorisation de la rémunération des médecins libéraux.

Ainsi la « dette Covid » à la caisse de la dette sociale (la CADES), pour un montant prévu de 136 milliards d’euros, et un report de l’extinction de la dette sociale à 2033 alors qu’elle devait s’éteindre en 2024.

FO a, en premier lieu, dû protester contre une saisie de forme, sans aucune discussion préalable, alors que le Haut conseil du financement de la protection sociale a rendu un avis contraire et que la Commission des comptes de la sécurité sociale ne se tiendra que le mois prochain.

Sur le fond, FO conteste que cette dette, ainsi transférée à la CADES, dont les recettes proviennent essentiellement de la CSG et la CRDS, soit de fait quasi-intégralement à la charge des salariés et retraités.

FO considère que cette « dette Covid » ayant un caractère exceptionnel et extraordinaire, ne doit pas être assimilée avec celle de la dette sociale, liée à la conjoncture économique et gérée à court-moyen terme. FO milite en conséquence pour qu’elle soit gérée séparément et spécifiquement, et adossée aux comptes de l’État. En absence de nouvelles recettes, FO conteste également que le Fonds de réserve des retraites soit à nouveau mis à contribution.

FO dénonce également la non-compensation intégrale des exonérations de cotisations concédées aux entreprises, alors que dans le même temps, le gouvernement ajoute le transfert de 13 milliards d’euros de la dette hospitalière, résultante de ses politiques et de celle de ses prédécesseurs.

Les compléments de salaire, pour ceux qui sont dans la difficulté, sont versés par les caisses de retraites complémentaires, AGIRC ARCO, autrement dit les salariés se financent eux-mêmes.

Les logiques de fonctionnement de ce monde nous amènent à nous méfier de tout. Le télétravail, dont beaucoup de salariés apprécient les avantages, risque sans garde fous se transformer demain en une machine favorisant les autoentrepreneurs. Nous avons intérêt dès aujourd’hui à nous battre pour cadrer ce télétravail par des accords de branche ou à défaut des accords d’entreprise.

La volonté de chacun de nous d’éviter les licenciements et la crise ne doit pas nous contraindre à tout accepter. La suppression des 35 heures évoquée par le MEDEF, correspond à 4/39 du salaire, ce qui représente pour un salaire de 2000 euros 205 euros.

La seule façon de relancer l’économie est d’augmenter le SMIC et le point d’indice des fonctionnaires. Toutes les autres formes de relance sont illusoires et ne sont là que pour tromper l’auditoire. Tout ce qui peut être dit pour revaloriser les salaires des soignants doit se faire par l’augmentation du point d’indice. Là encore le statut n’est pas un carcan comme nous avons pu le lire mais la garantie de tous. Si aujourd’hui il y a des différences de rémunération entre le public et le privé c’est avant tout parce qu’il y a eu blocage des augmentations du point d’indice depuis fort longtemps. Il suffirait de rattraper les augmentations qui n’ont pas été faites pour redonner un salaire décent aux soignants.

L’annonce de la création d’un cinquième risque (devant relever de la branche maladie selon FO) ou branche de la sécurité sociale pour la prise en charge de la dépendance est attendue depuis longtemps, le financement annoncé ne paraît pas à la hauteur des besoins (le rapport de Dominique Libault en 2019 estimait les besoins autour de 10 Md€ en 2030, et à 6-7 milliards à mi-parcours de cette échéance, quand sont annoncés 2,3 milliards en 2024).

De longue date, FO estime que la place du paritarisme de négociation et de gestion doit être rétablie, afin de sortir des visions comptables qui ont trop longtemps prévalu. A ce titre, depuis longtemps également, FO en appelle à une clarification des responsabilités et donc des financements entre ce qui relève de l’Etat et ce qui relève de la protection sociale solidaire. La sécurité sociale dont la dépendance, ne peut relever d’une vision d’experts, à fortiori financiers, mais conduire à une prise en charge de qualité sans discrimination des personnes âgées ou en situation de handicap : tel est le sens de la revendication portée par FO de la création d’un nouveau risque social géré au sein de l’Assurance maladie.

Notre lutte devra donc faire en sorte que l’Etat prenne en compte le social et que le seul axe de toute politique soit le social. Nous savons que c’est loin d’être gagné c’est pour cela qu’il faut continuer à militer. Le COVID a démontré qu’il n’y avait pas que les premiers de cordée qui était utiles à la société. Ces temps nous rappellent qu’Il ne faut surtout pas oublier ce vers de Lafontaine tiré du « Lion et du Rat » « Il faut, autant qu’on peut, obliger tout le monde : On a souvent besoin d’un plus petit que soi ». Ou comme le dirait Eluard : « Chacun est l’ombre de tous. »