Editorial du Secrétaire Général, Gilbert FOUILHE

, par udfo34

Alors que les manifestations reprennent en France, dans le sillage des U.S.A, sur les violences policières, le gouvernement continue à avancer ses pions. Pour favoriser la reprise économique il se propose la France comme disant social.

Déjà avec la Loi d’urgence sanitaire, les jours de RTT et donc les 35 heures, pouvaient être supprimés et avec un accord d’entreprise ce pouvaient être la suppression de 5 jours de congés.

Avec le COVID 19, le Gouvernement semblait avoir abandonné la règle des équilibres budgétaires. Alors il dispensait les entreprises de payer les cotisations sociales. Les exonérations de cotisation allaient bon train et des professions entières se voyaient accorder des exonérations.

La générosité du Gouvernement avec l’argent de la sécurité sociale ne s’arrêtait pas là. Les journées pour gardes d’enfants des salariés ou des travailleurs indépendants étaient payées par la Sécurité Sociale et ce du 17 mars au 30 avril. Pour les indépendants le paiement est allé au-delà du 30 avril car ils ne pouvaient pas prétendre à l’allocation chômage.

Les professionnels de santé comme les docteurs généralistes, les kinésithérapeutes, qui ont eu des pertes d’activités durant la période de confinement ont obtenu des compensations financières.

Pour l’Hérault et pour la première semaine de réception de demande, ce sont déjà 10 millions d’euros qui ont été donnés aux médecins et ce que pour le département de l’Hérault.

Aujourd’hui, l’heure des comptes est arrivée. Le Ministre des Comptes Publics, Gérald DARMANIN, évalue le déficit de la sécurité sociale à 51 milliards d’euros.

Dans un premier temps, l’annonce a été faite que la dette de l’année 2020 serait prise en compte par la CADES et que la CRDS serait prorogée de 2024 à 2033. Ce n’était pas une surprise, nous ne pensions pas que la contribution pour le remboursement de la dette sociale s’éteindrait en 2024.

Il est à souligner que cette contribution est payée par les salariés et les retraités.

Nous devons noter que la dette des hôpitaux, soit 13 milliards d’euros a été reprise elle aussi par la CADES.

Pour Force Ouvrière qui est attaché à la gestion paritaire des comptes sociaux, l’attitude de l’État vient conforter notre position. Car si les partenaires sociaux géraient les comptes sociaux, l’État aurait certainement été obligé de compenser les exonérations et de prendre à son compte la dette des hôpitaux.

Cependant cela ne suffira pas, Gérald DARMANIN a commencé à parler d’économies à réaliser. Nous le savons, les économies se traduisent par des déremboursements de médicaments, par des augmentations des franchises médicales ou par l’augmentation des forfaits hospitaliers.

Là encore on va demander aux salariés et aux retraités de payer.

Pour Force Ouvrière ce n’est pas admissible, surtout que dans le même temps les médecins et l’ensemble de libéraux se sont invités au Ségur de la santé pour obtenir des revalorisations d’honoraires. Cette République de copinage nous déplaît.

A nous de nous mobiliser, c’est peut-être le moment. Le pays ne peut pas se permettre un deuxième cahot.