Intervention du Président de la république

, par udfo34

Hier Dimanche, le Chef de l’État s’est livré, en quelques minutes, à un satisfecit sur son action. Il s’est félicité de l’action du gouvernement face à la crise sanitaire, et s’est glorifié des milliers de morts qui ont été évités. Pas un mot sur la pénurie de moyens (masques, blouses, respirateurs, etc.) due à une politique de libéralisation à outrance engagée depuis plusieurs décennies du service de santé et de l’ensemble du service public. Cette politique libérale s’est accélérée durant la période Macron/Philippe. À cela nous n’avons aucune réponse, aucun moyen. Pire, la porte de sortie proposée n’est autre qu’un nouveau renforcement de la décentralisation au nom du « small is beautiful » alors qu’au contraire c’est l’absence de politique globale et déterminée dans tous les domaines qui est à la base de la crise. Avec une Régionalisation c’est une inégalité de traitement des Salariés qui est proposée. N’oublions pas qu’il y a des Communes riches et des Communes pauvres, des Départements riches et des Départements pauvres et des Régions riches et des Régions pauvres. Nous sommes dans le camp des pauvres. Si l’on souhaitait « départementaliser » l’action au niveau de l’Hérault, pour le financement de l’assurance maladie, il manquerait, 1,5 milliards d’euros sur un budget de 3,4 milliards. Le système de péréquation ne fonctionnerait pas pour des sommes aussi importantes. Nous aurions très vite à faire des économies. Il en est de même pour l’échelon régional. Quant au plan social, à aucun moment la question de la répartition des richesses, elle n’a pas été évoquée. Au contraire, l’antenne de la dette resurgit avec son pendant « travailler plus pour produire plus », répondant ainsi à celles et ceux dont la course au profit leur a permis en qualité d’actionnaires d’accroître leur richesse au détriment de ceux qui vivent de leur travail. Quant aux invisibles d’hier qui devenaient il y a un mois, les héros du quotidien ils sont une nouvelle fois oubliés. Les travailleurs les plus précaires resteront précaires. Pas un mot sur l’augmentation du SMIC. Pas un mot sur la revalorisation du salaire de certaines professions, assistantes de vie, éboueurs, transporteurs… Pourtant pour reprendre l’activité rien ne serait plus facile que de passer par l’augmentation du pouvoir d’achat. Le Chef de l’État parle de 500 milliards d’euros mis pour le financement de la crise, nous nous demandons où ces sommes sont allées, certainement pas aux travailleurs. À FO nous n’accepterons pas les plans de licenciements, nous n’accepterons pas la casse du service public, nous refuserons la précarité et la misère pour des millions de travailleurs. Nous refuserons de poursuivre sur la même voie que celle qui nous a contraints au retour à un traitement moyenâgeux sur le plan sanitaire : le confinement. Mes Camarades, commençons par être présents auprès des soignants le 16 juin. Ce sera plus efficace que de les applaudir sur les balcons.

Le Secrétaire Général Gilbert FOUILHE